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ETATS UNIS – IRAN : Ce qu’il faut retenir du texte du protocole d’accord dévoilé par Washington

Par Sigride Touola
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L’Iran a confirmé dans la nuit du mercredi 17 au jeudi 18 juin avoir signé avec les États-Unis l’accord mettant fin à la guerre au Moyen-Orient, comme annoncé par l’administration américaine. Un peu plus tôt dans la soirée, les autorités américaines avaient dévoilé le texte, dans lequel Téhéran s’engage notamment à diluer ses stocks d’uranium enrichi dans le cadre de négociations à venir sous 60 jours, en échange de la levée des sanctions.

« Le texte du protocole d’accord d’Islamabad a été finalisé par la signature des présidents. Il est désormais temps de mettre à l’épreuve la mise en œuvre de cet accord », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, cité par l’agence Irna. 

Il a ajouté que cette signature avait été faite électroniquement et à distance par les chefs d’État des deux pays, et qu’une cérémonie officielle n’avait « pas vraiment sa place » dans les plans iraniens.

Le gouvernement suisse avait initialement annoncé qu’une cérémonie de signature aurait lieu vendredi dans un hôtel de luxe du Bürgenstock, une montagne surplombant le lac de Lucerne, et Téhéran que le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf et le vice-président américain J.D. Vance y assisteraient.

« Lorsque le texte est signé par les plus hauts responsables des deux pays, le non-respect de celui-ci aura naturellement des conséquences plus lourdes, et compte tenu de nos expériences passées, nous avons préféré qu’il en soit ainsi », a ajouté M. Baghaï.

Nucléaire

Les deux pays y affirment qu’ils discuteront d’un mécanisme permettant de traiter les stocks iraniens « en recourant, au minimum, à une méthode de dilution sur place sous la supervision de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) », a déclaré un haut responsable américain qui a lu le texte à des journalistes.

« Le fait qu’ils acceptent cela constitue une victoire majeure, vraiment majeure, pour les États-Unis d’Amérique », a-t-il déclaré à propos de cet engagement de l’Iran lors d’une conversation téléphonique. « Ils affirment que nous allons détruire les stocks d’uranium enrichi, et voici comment nous allons nous y prendre, au minimum », a-t-il précisé, soulignant qu’il s’agissait là de son propre commentaire.

Les fonds iraniens bloqués

Les États-Unis s’engagent par ailleurs à faciliter le déblocage d’un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement économique de l’Iran en cas d’accord définitif sur le nucléaire iranien, selon le texte. « Les États-Unis s’engagent, avec leurs partenaires régionaux, à élaborer un plan définitif, convenu d’un commun accord, d’un montant d’au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique de la République islamique d’Iran », dont les modalités de mise en œuvre doivent être finalisées lors des négociations, a indiqué le haut responsable américain sous couvert d’anonymat.

Il a cependant précisé que les États-Unis n’étaient pas contraints d’y participer financièrement. « Notez que cela ne nous oblige en rien à verser ne serait-ce qu’un centime aux Iraniens, ni à contribuer financièrement à ce fonds de reconstruction », a-t-il dit.

« Ce que cela signifie, c’est que si nous parvenons à un accord définitif et si les Iraniens se conforment à leurs engagements, nous autoriserons l’assouplissement des sanctions qui permettrait, par exemple, aux Émiratis de construire une centrale électrique en Iran ».

Les sanctions

Le texte du protocole d’accord, dévoilé mercredi par les deux parties, prévoit que les États-Unis suspendent, dès sa signature, leurs sanctions sur la vente de pétrole iranien, puis lèvent l’ensemble de leurs sanctions en cas de conclusion d’un accord définitif, au terme d’une période de négociations de 60 jours.

De son côté, l’Iran devra permettre dans un délai de 30 jours le plein rétablissement de la circulation maritime dans le stratégique détroit d’Ormuz, dont le blocage persistant pèse sur l’économie mondiale.

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