Les séparatistes anglophones du Cameroun ont annoncé une période de « passage sécurisé » et un cessez-le-feu avant la visite du pape Léon XIV dans la région du nord ouest en proie au conflit depuis dix ans.
Les dirigeants de plusieurs groupes armés et sécessionnistes ont déclaré que cette mesure de trois jours reconnaissait la « profonde importance spirituelle » de la visite papale, qui débute mercredi 15 avril au Cameroun, et la nécessité de préserver la vie civile.
Dans un communiqué de l’Alliance de l’Unité, qui rassemble ces groupes, ils ont indiqué qu’ils faciliteraient les déplacements des personnes venues célébrer la visite.
Près d’une décennie de violence dans les régions anglophones a fait au moins 6 000 morts et de nombreuses personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers.
Lors d’une rencontre dans une maison de retraite voisine gérée par des religieuses catholiques en Algérie, première étape du voyage papale en Afrique, le prélat a réitéré son message de paix.
« Le cœur de Dieu est déchiré par les guerres, la violence, l’injustice et le mensonge », a-t-il déclaré, expliquant que son cœur n’était « pas du côté des méchants, des arrogants ou des orgueilleux ».
« Le cœur de Dieu est avec les petits et les humbles, et avec eux il bâtit jour après jour son royaume d’amour et de paix, tout comme vous vous efforcez de le faire ici dans votre service quotidien, votre amitié et votre vie ensemble. »
La deuxième étape du voyage du pape est le Cameroun, où il visitera Bamenda, capitale de la région du Nord-Ouest.
Cette ville est considérée comme l’épicentre du conflit camerounais entre les séparatistes anglophones et les forces de l’État.
Un dialogue national organisé par le gouvernement en 2019 n’a pas permis de mettre fin aux violences dans les deux régions anglophones du pays.
Il a été précisé que la visite du pape devait conserver son caractère « spirituel » et « pastoral », et une mise en garde a été lancée contre toute politisation de l’événement.
Si le gouvernement camerounais, à majorité francophone, n’a pas encore réagi à cette annonce, les autorités affirment que des mesures appropriées ont été prises pour garantir la sécurité dans les villes qui accueilleront le pape.
La visite du pape Léon XIV à Bamenda est perçue comme un geste symbolique de l’Église catholique en faveur de la paix et de la réconciliation. Il devrait tenir une réunion pour la paix dans la cathédrale Saint-Joseph de la ville.
Les autorités ont indiqué que l’accès à tous les sites visités par le pape sera gratuit.
Le vaste voyage du pape Léon XIV le mènera dans onze villes réparties dans quatre pays. Il s’agit de son deuxième déplacement international majeur depuis son élection à la papauté l’an dernier, témoignant de l’importance du catholicisme en Afrique.
Plus d’un cinquième des catholiques du monde vivent en Afrique, soit quelque 288 millions de personnes, selon les chiffres de 2024.