Le patron de l’église catholique a achevé, ce samedi 18 avril 2026, sa visite au Cameroun par une messe, en matinée à l’ancien aéroport de Yaoundé avant de partir pour l’Angola. Son voyage apostolique au Cameroun aura été marqué par des discours directs, dans les trois villes visitées : Yaoundé, Bamenda et Douala où des foules immenses et ferventes ont accueilli le souverain pontife dans chacun de ses déplacements.
Léon XIV a conclu sa visite camerounaise de trois jours par un messe en plein air, le matin de ce samedi 18 avril, à l’ancien aéroport de Yaoundé, transformé en base militaire.
Il y avait énormément de monde, une foule venue très tôt et même une veillée qui a commencé vers 17h00, vendredi. Des chorales, des musiciens, des joueurs de balafon, de percussions… l’ambiance était d’une grande ferveur.
Pour sa dernière messe en terre camerounaise, célébrée en présence du président Paul Biya et de sa femme Chantal Biya, Léon XIV a centré son homélie sur l’accompagnement de Jésus dans toutes les épreuves de la vie et sur la solidarité.
« Personne ne doit rester seul face aux épreuves de la vie », a insisté Léon XIV dans cette messe d’au revoir aux fidèles camerounais.
Et pour poursuivre sur le ton de ses discours et de ses homélies à Douala et à Bamenda, il a appelé à avoir « le courage de changer les habitudes et les structures, afin que la dignité de la personne reste toujours au centre et que les inégalités et les marginalisations soient surmontées ».
« Chacun va retourner à ses occupations » a conclu le pape qui a appelé les fidèles à ne pas baisser les bras, même dans les vents contraires.
Parmi les fidèles que nous avons croisés à la messe, ce qu’ils retiennent de la visite du pape au Cameroun tient essentiellement en trois mots : la paix, la justice et le combat contre la corruption.
« Gouverner, c’est écouter réellement les citoyens »
Dans ses discours comme dans ses homélies, Léon XIV semble avoir imprimé son style : dès son arrivée à Yaoundé, mercredi 15 avril, devant les autorités, la société civile et le corps diplomatique, il a cité Saint-Augustin : « Ceux qui commandent sont au service de ceux qu’ils semblent commander. »
« Gouverner, c’est écouter réellement les citoyens », a-t-il encore ajouté, invitant les autorités à un changement d’approche en incluant la société civile, en respectant l’État de droit et en brisant « les chaînes de la corruption ».
Appels à la paix et à la jeunesse camerounaise
Un message qui a marqué les Camerounais. Le ton était donné. À Bamenda, épicentre du conflit en région anglophone du nord-ouest, lors de la rencontre pour la paix à la cathédrale, Léon XIV a encore insisté : « Le monde est détruit par quelques dominateurs et maintenu sur pied par une myriade de frères et sœurs solidaires. » Il a aussi fustigé les seigneurs de la guerre et encouragé les habitants à œuvrer pour la paix.
Enfin, à Douala, son homélie s’est centrée sur le besoin de partage. Et s’adressant aux jeunes, confrontés au chômage et tentés par l’émigration, il leur a dit : « Ne cédez pas à la méfiance et au découragement. » Un message réitéré aux étudiants et aux enseignants à l’université catholique d’Afrique centrale : incarnez les valeurs à transmettre, la justice, l’équité, l’intégrité.