La Tunisie est engagée dans une « véritable guerre contre les narcotrafiquants », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Khaled Nouri, devant les députés lors de l’examen du budget du ministère pour l’exercice 2026.
Le ministre a expliqué que son département applique une stratégie à deux volets pour endiguer ce fléau. Le premier axe repose sur une approche proactive visant à repérer les routes et filières du trafic, ainsi qu’à identifier les points d’accès utilisés par les trafiquants aux frontières. Le second consiste à démanteler les réseaux criminels à travers des campagnes sécuritaires régulières menées sur tout le territoire.
Khaled Nouri a souligné que les récentes opérations de lutte contre la drogue ont permis la saisie de quantités importantes de stupéfiants, illustrant, selon lui, l’efficacité et la détermination des forces de sécurité. Il a également rappelé que la lutte contre le trafic de drogue s’inscrit dans une démarche globale de protection de la société tunisienne, notamment des jeunes.
Selon les données officielles, plus de 18 tonnes de stupéfiants ont été saisies en 2024, dont plus de la moitié dans la région du Grand Tunis.
Le ministre a insisté sur la sécurisation des milieux scolaires et universitaires, un enjeu prioritaire. Il a assuré que des moyens humains et logistiques importants sont mobilisés pour garantir une présence permanente des forces de l’ordre aux abords des établissements éducatifs, afin de prévenir les incivilités et de protéger les élèves.
Évoquant par ailleurs la gestion des risques climatiques, Nouri a indiqué avoir donné des instructions aux gouverneurs pour renforcer les dispositifs de prévention et de réaction rapide face aux intempéries et aux phénomènes extrêmes.
Sur le plan du maintien de l’ordre public, il a souligné la nécessité de consolider la sécurité nationale, notamment dans le domaine de la cybersécurité, devenue un pilier essentiel de la protection des institutions. « La Tunisie n’est pas à l’abri des menaces du cyberespace », a-t-il déclaré, appelant à une vigilance accrue et à la mise en place d’un système national intégré de cybersécurité.
Khaled Nouri a conclu en soulignant que la protection de la souveraineté numérique fait partie intégrante de la souveraineté de l’État tunisien, et a appelé l’ensemble des acteurs concernés à œuvrer conjointement pour renforcer les capacités nationales face à la cybercriminalité. Les autorités tunisiennes multiplient depuis plusieurs mois les opérations de lutte contre les réseaux de drogue, notamment dans les zones frontalières avec l’Algérie et la Libye, où les trafics se sont intensifiés.