En dépit des scénarios catastrophes évoqués par les experts, l’économie mondiale devrait éviter la rupture en 2026, sans pour autant retrouver sa vitalité. C’est la conclusion d’un nouveau rapport de l’ONU publié jeudi 8 janvier, qui anticipe une croissance de 2,7 % cette année, en légère baisse par rapport à 2025 – et nettement inférieure à la moyenne de 3,2 % observée avant la pandémie.
L’an dernier, l’économie mondiale a fait preuve d’une résilience inattendue. Malgré la forte hausse des droits de douane imposés par les États-Unis, qui faisait craindre un ralentissement des échanges internationaux, une croissance de 2,8 % a été soutenue par la solidité des dépenses des ménages et par le reflux progressif de l’inflation.
Mais ce sursaut n’a pas dissipé les fragilités de l’économie mondiale. La faiblesse persistante de l’investissement et la réduction des marges de manœuvre budgétaires continuent de peser sur la dynamique mondiale, nourrissant la crainte d’un ralentissement durable par rapport à la trajectoire d’avant-crise.
Des faiblesses à la fois conjoncturelles et structurelles
Le rapport annuel du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (DESA) – l’une des 66 institutions internationales dont la Maison Blanche a annoncé, mercredi, le retrait américain – souligne qu’un apaisement partiel des tensions commerciales a permis de limiter les perturbations les plus aiguës du commerce international. Mais l’impact différé de la hausse des droits de douane, combiné à un climat d’incertitude macroéconomique accru, devrait devenir plus visible en 2026. Les risques demeurent notamment élevés en raison de valorisations tendues dans certains segments des marchés liés aux progrès rapides de l’intelligence artificielle.
À ces vulnérabilités s’ajoute un facteur structurel majeur : le niveau élevé de l’endettement mondial. Dans de nombreuses économies, et plus encore dans les pays en développement, le poids de la dette et le coût de l’emprunt restreignent fortement la capacité des pouvoirs publics à soutenir l’activité ou à amortir les chocs. Une contrainte budgétaire qui limite d’autant les réponses possibles face aux incertitudes à venir.
« Une combinaison des tensions économiques, géopolitiques et technologiques est en train de remodeler le paysage mondial, générant une nouvelle incertitude économique et des vulnérabilités sociales », observe le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, dans un communiqué accompagnant la sortie du rapport, intitulé World Economic Situation and Prospects. « De nombreuses économies en développement continuent de connaître des difficultés et, par conséquent, les progrès vers la réalisation des objectifs de développement durable restent lointains pour une grande partie du monde ».