L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé les gouvernements à augmenter de manière significative les taxes sur les boissons sucrées et l’alcool, estimant qu’il s’agit d’un levier efficace pour sauver des vies.
S’exprimant mardi 13 janvier, lors d’une conférence de presse virtuelle, le directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué que les taxes sanitaires ont démontré leur efficacité pour réduire la consommation des produits nocifs comme les boissons sucrées et l’alcool, contribuant ainsi à prévenir les maladies et à alléger la pression sur les systèmes de santé. « Dans le même temps, elles génèrent des recettes que les gouvernements peuvent réinvestir dans la santé, l’éducation et la protection sociale », a-t-il souligné.
Parmi les principales conclusions présentées, le rapport consacré à la fiscalité des boissons sucrées révèle qu’au moins 116 pays appliquent une taxe sur ces produits. Il note toutefois que certaines catégories, notamment les sodas et boissons gazeuses en canette, les produits à forte teneur en sucre tels que les jus de fruits à 100 %, les boissons lactées sucrées ainsi que les cafés et thés prêts à consommer, échappent encore à toute taxation.
Le rapport sur la fiscalité de l’alcool indique, pour sa part, que 167 pays prélèvent des taxes sur les spiritueux, le vin et la bière. Cependant, l’OMS observe que l’alcool est devenu plus abordable, ou que ses prix sont restés inchangés dans la majorité des pays depuis 2022, en raison de taxes qui ne sont pas ajustées à l’inflation ni à la croissance des revenus. « Une boisson froide et sucrée achetée dans un café de quartier par une journée chaude peut avoir des conséquences néfastes si elle est consommée régulièrement », avertit le rapport.
Une consommation accrue de boissons sucrées est associée à des risques accrus de surpoids et d’obésité, de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires, ainsi qu’à d’autres effets indésirables, notamment les caries dentaires et l’ostéoporose. S’agissant de l’alcool, l’OMS souligne que ses effets négatifs sur la santé incluent une augmentation des risques pour la santé maternelle et infantile, une exposition accrue aux maladies transmissibles et non transmissibles, des atteintes à la santé mentale, ainsi qu’un risque plus élevé de blessures pour les consommateurs eux-mêmes et pour autrui.
Selon l’Organisation, l’augmentation des taxes sur les boissons nocives entraîne une baisse de leur consommation. Pour illustrer l’efficacité de cette approche, le chef de l’OMS a cité plusieurs exemples, dont celui du Royaume-Uni, qui a instauré une taxe sur les boissons sucrées en 2018. Cette mesure a permis de réduire la consommation de sucre, de générer à elle seule 338 millions de livres sterling de recettes supplémentaires en 2024, et de faire reculer les taux d’obésité chez les filles âgées de 10 à 11 ans, en particulier dans les communautés défavorisées. L’OMS a enfin exhorté les gouvernements à relever et à repenser la fiscalité dans le cadre d’une nouvelle initiative sanitaire visant à lutter contre le tabagisme ainsi que la consommation excessive d’alcool et de boissons sucrées.