Le Ghana a expulsé trois ressortissants israéliens arrivés dans le pays mercredi, dans ce qui semble être une mesure de représailles suite aux mauvais traitements présumés infligés à des ressortissants ghanéens à l’aéroport international Ben Gourion en Israël.
Sept Ghanéens, dont quatre membres d’une délégation officielle participant à une conférence sur la cybersécurité à Tel Aviv, auraient été détenus sans explication. Ils ont été libérés après cinq heures, tandis que les trois autres ont été expulsés, selon le Ghana, qui a condamné leur « traitement humiliant ». Le ministère ghanéen des Affaires étrangères a déclaré qu’un haut diplomate de l’ambassade d’Israël à Accra avait été convoqué suite à cet incident, et que les deux pays s’étaient mis d’accord pour régler le différend à l’amiable. Le ministère ghanéen des Affaires étrangères a souligné que les deux pays entretiennent des relations amicales depuis des décennies, rendant les actions présumées d’Israël incompatibles avec leurs liens historiques.
« Le gouvernement du Ghana considère que les actions des autorités israéliennes ciblent injustement les voyageurs ghanéens et exprime ses vives réserves quant au traitement humiliant infligé à nos citoyens », a-t-il déclaré. Le gouvernement a ajouté qu’il « attend de ses citoyens qu’ils soient traités avec dignité et respect, de la même manière que les autres gouvernements attendent du Ghana qu’il traite ses ressortissants ». L’origine des tensions entre le Ghana et Israël n’est pas tout à fait claire, mais la position récente du Ghana sur le conflit israélo-palestinien pourrait être un facteur.
En septembre, le Ghana a condamné les frappes aériennes israéliennes qui ont touché le Qatar, qualifiant ces attaques de « violation flagrante du droit international » et d’atteinte à la souveraineté du Qatar. Israël avait ciblé de hauts responsables du Hamas réunis à Doha, la capitale qatarie. Le mois précédent, les autorités ghanéennes avaient exhorté Israël à autoriser davantage d’aide à Gaza, qualifiant les souffrances des civils sur place de « déchirantes ».
Le président John Mahama a fait don de 40 tonnes de chocolat et de produits à base de cacao fabriqués au Ghana aux Palestiniens, réaffirmant ainsi le soutien de longue date du pays à la cause palestinienne et à une solution à deux États au conflit israélo-palestinien. Les analystes suggèrent que ces actions pourraient avoir contribué aux tensions actuelles dans les relations, surtout si Israël perçoit la position du Ghana comme partiale ou défavorable.
Le Ghana a toutefois indiqué avoir été informé que la polémique était liée aux accusations israéliennes selon lesquelles l’ambassade du Ghana ne coopérait pas en matière d’expulsion de ses citoyens d’Israël. Le Ghana insiste sur le fait que son ambassade à Tel Aviv est « réactive et respectueuse du droit international ».