La quiétude du village de Bifang, dans la région du Nord-Ouest du Cameroun, est troublée par une affaire aux relents de drame familial et de géopolitique sécuritaire. Dabo René, un jeune orphelin originaire de cette localité anglophone, est activement recherché par la gendarmerie camerounaise. Il est soupçonné d’appartenir à un groupe armé séparatiste qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des mouvements qui réclament la partition ou l’instauration d’un système fédéral dans le pays.
L’histoire de René prend racine dans les tensions familiales. Ayant perdu ses parents très tôt, le jeune homme s’est retrouvé seul pour subvenir à ses besoins, sans soutien parental. Confronté à des difficultés financières aiguës, il a pris la décision radicale de vendre la maison familiale héritée de ses parents, une initiative prise sans l’aval des siens et qui a profondément envenimé les relations au sein du clan.

Cette vente impulsive n’a pas du tout été du goût de son oncle paternel, Joseph Dabo. Se voyant dépossédé du patrimoine familial et furieux de cet acte qu’il considère comme une trahison, Joseph a décidé de sévir par tous les moyens. Plutôt que de régler le différend dans le cadre d’une conciliation familiale, l’oncle aurait usé de son influence pour orienter les soupçons des forces de l’ordre vers son neveu.
En signalant René aux autorités sous l’accusation gravissime de collusion avec les séparatistes anglophones, l’oncle cherchait à le punir et à le neutraliser. Dans un contexte sécuritaire marqué par une forte vigilance des forces de défense et de sécurité face à la crise anglophone, cette dénonciation a immédiatement enclenché une traque judiciaire.
Aujourd’hui, alors que les enquêtes se poursuivent pour faire la lumière sur l’exactitude de ces accusations, cette affaire illustre la complexité d’un conflit où les règlements de comptes personnels et familiaux se mêlent parfois aux tragédies de la crise sociopolitique qui secoue les régions anglophones du Cameroun.